Lundi mai 29th 2017

La chute du fonds LTCM en 1998

1998 : La chute du fonds LTCM

Parmi les grands scandales financiers qui ont marqué l’histoire de Wall Street, on retrouve l’affaire LTCM (Long Term Capital Management). La quasi-faillite du fonds d’investissement LTCM en 1998 aura secoué toute la finance internationale manquant d’entrainer tout le système bancaire international dans la déroute.

Tout commence en 1993 dans un contexte financier international stable. John Meriwether met fin à deux années de retraite et entame son grand retour sur le marché financier. C’est la création de LTCM avec l’aide de Merril Lynch.

John Meriwether réussit à s’entourer des meilleures personnalités universitaires et financières telles que le trader Lauwrence Hilibrand, le professeur Eric Rosenfeld ou encore les deux génies de la finance : Robert Mertonet & Myron Scholes.

Le fonds se forge tout au long de l’année 93 et s’en suit une myriade d’investisseurs affluant de tous horizons. On retrouve notamment la banque japonaise Sumimoto, la banque de Chine, la banque d’Italie ou encore l’UBS (l’union des banques suisses).

De plus, grâce au prestige dont il s’est doté et grâce à la banque Merryl Lynch (qui est chargé de collecter les fonds), LTCM réussit à récolter près d’1,25 milliards de dollars faisant de lui l’un des hedge fund les plus influents du monde à ce moment. Et cela malgré des conditions de souscriptions trés sévéres. La somme minimum est de 10 millions de dollars. Les fonds sont bloqués pendant une période de 3 ans, 25 % de prélèvements sur les gains et 2 % sur l’investissement initial. Pourtant, malgré ses contraintes de nombreuses personnalités et de nombreux banquiers new-yorkais se précipitent pour y confier leurs économies. On peut citer : David Komansky, le président de Merrill Lynch, qui y place ainsi 800 000 dollars et aussi  James Cayne et Warren Spector, deux dirigeants de Bear Sterns, qui y investissent 10 millions de dollars chacun.

Les résultats sont effarants et les actionnaires jubilent. Et pour cause, les bénéfices s’élèvent à 20% la première année en 1994, puis 42,8 % l’année suivante, 40,8% en 1996 et enfin 17,1% en 1997. Cette année là, Myron Scholes et Robert Merton décrochent le prix Nobel d’économie pour leur fameux « modèle de Black & Scholes ».

Cet élan de réussite conduit les dirigeants du fonds à prendre des risques de plus en plus élevés en accroissant leurs positions à effet de levier. Fin 1997, la crise asiatique finit par réduire la performance du fonds engendrant une volatilité responsable de la hausse du coût des emprunts.

Quandla Russiedéclare sa défaillance en août 1998, la situation empire car le pays se révèle alors incapable de payer ses dettes et forcé de dévaluer sa monnaie.

Les investisseurs abandonnent les titres les plus risqués et se dirigent vers les emprunts américains plus fiables. Les emprunts vendus à découvert valent au fonds des cours qui ne cessent de grimper l’empêchant de vendre plusieurs de ses positions. Dans ce contexte, les pertes sont inévitables : 1,7 milliard de dollars en août et 1 milliard en septembre. Finalement, le capital plonge de 4,7 fin 1997 à 1,5 milliard de dollars en septembre1998.

La rumeur de la faillite de LTCM éclate le 18 septembre 1998 inquiétant l’économie mondiale de part les risques alors encourus.La Réserve fédérale fait alors appel aux banques des Wall Street pour sauver le fonds de la déroute avec près de 3,6 milliards de dollars administrés.

LTCM réussit à s’en sortir mais l’industrie financière a prit un sacré coup. Licenciements, baisses de titres, prêts irrécouvrables pour les banques ou encore perte de capitaux pour les actionnaires, les dégâts sont nombreux représentant près de 110 milliards de dollars.

Si la faillite a été évitée, l’affaire LTCM témoigne bien de la versatilité des marchés financiers.

FB pour FBBOURSE.COM

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