Dimanche juillet 23rd 2017

Le Krach boursier de 1825

Banque d'Angleterre

Le Krach boursier de 1825

La Krach boursier de 1825, première crise moderne de l’histoire du capitalisme

1. Contexte économique du Krach boursier de 1825

La crise boursière de 1825, comme la plupart des crises économiques et financières du XIXe siècle, est une crise de « spéculations hasardeuses ». Elle s’inscrit dans un contexte d’expansion économique en Angleterre qui va favoriser les pratiques spéculatives. Le Royaume-Uni connaît en effet (1821-1825) quatre années successives d’expansion monétaire, bancaire et boursière, favorisées en particulier par le rétablissement de la convertibilité de la livre sterling en or. Cette convertibilité a été rétablie par l’Act for the Resumption of Cash Payment qui est promulgué en 1819 mais n’est appliqué qu’à partir de 1821. Ce rétablissement de la convertibilité du livre sterling vers l’or se produit en parallèle d’une arrivée massive de métal précieux en provenance des mines d’Amérique latine. Cette profusion d’or permet de faire massivement fonctionner la planche à billets. En 1822, le parlement britannique en vient même à autoriser la banque d’Angleterre et les banques régionales à émettre des petites coupures inférieures à 5 livres jusqu’en 1833…

La reconnaissance en 1822 par les États-Unis de l’existence des nouvelles républiques indépendantes d’Amérique latine (nées de l’éclatement de l’Empire espagnol), ouvre la perspective de nouveaux marchés que vont se disputer l’Angleterre et les États-Unis. Des dizaines de mines d’or et d’argent sont ainsi découvertes et introduites en bourse à Londres dans le courant de l’année 1822. À la suite, les nouveaux commerces et banques qui voient le jour vont eux aussi rapidement être intégrés sur le marché. Ces nouvelles entrées en bourse prometteuses, ainsi que l’afflux massif de liquidités, entraînent une spéculation intense sur la totalité des investissements en Amérique latine : banques, mines, commerces, constructions…

2. Le krach de décembre 1825

Cependant comme dans toute bulle spéculative, cette situation florissante va rapidement se détacher de la valeur réelle des investissements pour atteindre des sommes extravagantes sans rapport aucun avec les richesses existantes. Ainsi les actions des mines anglo-mexicaines, d’une valeur nominale initiale d’environ 10 dollars, sont cotées à une valeur de 43 livres en décembre 1824 et jusqu’à 150 livres en janvier 1825, soit une augmentation de 200% en un mois[1].

Mais cette augmentation extravagante des cotations commence à inquiéter les investisseurs britanniques qui craignent une exagération des valeurs. Il suffit alors d’une nouvelle de baisse des prix de vente mondiaux dans plusieurs secteurs incluant les métaux pour qu’une forme de panique financière touche les marchés. Les cours des actions s’effondrent brutalement à Londres le 17 décembre 1825. Cette crise boursière met peu de temps à s’étendre à la sphère réelle puisque de nombreuses banques avaient accepté de prêter de l’argent ou d’acquérir une partie du capital des sociétés qui se retrouvent en difficulté au début de l’année 1826. Face à la chute du cours de leurs actions, ces dernières se retrouvent incapables de rembourser les banques qui sont alors dans l’impossibilité de créer de nouveaux crédits. Les plus petites institutions bancaires ne peuvent donc plus faire face à leurs obligations ce qui entraîne une vague massive de faillites bancaires au début de l’année 1826 (59 banques firent faillites entre octobre 1825 et février 1826)[2]. L’incapacité de financement et la chute brutale des cours finissent par affecter les entreprises avec pas moins de 3300 faillites au cours de l’année 1826.

3. Les conséquences de la crise de 1825

Les conséquences de la crise de 1825 sont multiples et affectent plusieurs secteurs :

-le secteur bancaire : Le krach de 1825 se caractérise par la disparition de nombreuses institutions bancaires, en particulier, des petites structures trop fragiles. Elle marque également les esprits de ce secteur en ce qu’elle représente la première crise de l’économie moderne capitaliste et mondialisée.

-le secteur monétaire : La crise affecte l’utilisation des moyens de paiement. Les petites coupures (inférieures à 5 livres) qui avaient inondé les marchés à partir de 1822 du fait de leur impression par des banques régionales sont maintenant refusées par les commerçants et les particuliers pour cause de manque de confiance. Ceci entraîna l’édiction en 1826 par le parlement anglais du Bank Charter Act[3] qui interdit cette fois-ci l’impression de billets de banque d’une valeur inférieure à 5 livres sterling. Cet acte encourage également la création de banques capitalisées pour pallier à la disparition des banques régionales.

-le secteur industriel : La crise boursière entraîne la faillite de milliers d’entreprises qui ne sont plus soutenues par les banques. Ces banqueroutes ont lieu évidemment en Angleterre, en Amérique latine (où les secteurs des métaux précieux et du textile sont particulièrement touchés) mais également la France où le secteur de l’industrie textile est fortement marqué par l’augmentation du prix des matières premières. Elle provoque également un fort phénomène de déflation, qui va affecter l’économie pendant plusieurs années. Cette baisse brutale des prix est encore aggravée par la diminution de la masse monétaire en circulation. 

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