Dimanche juillet 23rd 2017

Le Krach Boursier de 1873

La Bourse de Vienne

Le Krach boursier de Vienne, le 9 mai 1873 : les origines, la crise et ses conséquences

Le Krach boursier de Vienne de 1873 marque le début de la première Grande dépression, crise économique mondiale qui va durer jusqu’en 1896.

Les origines du krach boursier de 1873

Etape 1 : la libéralisation des marchés

Les années 1870 voient le début de la libéralisation financière et la mise en place d’instruments spéculatifs. Les empires austro-hongrois, prussien et français soutiennent la création de nouvelles institutions capables d’émettre des prêts hypothécaires (ex : le crédit mobilier des frères Pereire (1852), le Crédit Lyonnais (1863), la Société Générale (1864) en France). Les financiers s’endettent massivement, tablant sur l’explosion des prix de l’immobilier. La frénésie spéculative gagne l’Europe.

La fin de la guerre entre la France et la Prusse (juillet 1870 à janvier 1871), récemment devenue l’Empire Allemand (1871) entraîne le versement par la France d’une indemnité de guerre de 5 milliards de francs or. Cette somme colossale vient inonder le marché financier encourageant encore davantage les comportements spéculatifs.

Etape 2 : l’investissement massif dans le secteur ferroviaire américain et la concurrence sur le marché agricole

De l’autre côté de l’Atlantique, c’est la spéculation ferroviaire qui explose. De nombreuses compagnies d’exploitation du rail voient le jour et participent à une compétition acharnée pour assurer les prix les plus bas grâce au développement de nouvelles technologies. Elles attirent ainsi les investisseurs, séduits par la garantie de profits constants à laquelle s’engagent les compagnies ferroviaires. De la même manière que pour le secteur de l’immobilier en Europe, le chemin de fer sert de base à une spéculation galopante.

En parallèle, les prix du blé américain connaissent une diminution sans précédent grâce aux innovations techniques (élévateurs à grains, trains…) de la révolution industrielle[1]. La production européenne n’est plus compétitive. Les anglais sont les premiers à s’approvisionner auprès des cousins du Nouveau Monde. Ce revirement atteint fortement les pays du centre et de l’est de l’Europe et fragilise leur économie.

Le krach de Vienne et le début de la crise

Etape 3 : la stagnation économique et la chute du marché de l’immobilier

Aux Etats-Unis, la concurrence a tôt fait de diminuer les bénéfices et les résultats affichés sont loin de ceux escomptés par les investisseurs. Les compagnies ferroviaires américaines ayant garanti un rendement constant, se voient contraintes d’emprunter massivement pour réaliser leurs promesses.

En Europe, les loyers cessent de grimper, le marché de l’immobilier est saturé, et les spéculateurs ne peuvent plus rembourser leurs prêts hypothécaires. L’explosion de la bulle spéculative immobilière finit donc d’achever un secteur bancaire que la diminution du prix des denrées américaines avait déjà fragilisé.

Etape 4 : le krach de Vienne, début d’une onde de choc qui touchera toute l’Europe et les Etats-Unis.

Face aux défauts en chaîne des emprunteurs, les banques se retrouvent rapidement en manque de liquidités. Les prêts interbancaires deviennent rapidement prohibitifs, empêchant un fonctionnement correct du marché.

Le 9 mai 1873, suivant la voie ouverte par la banque de Budapest[2], plusieurs banques autrichiennes, font faillites. C’est le début de l’onde de choc qui va toucher toutes les institutions bancaires européennes selon un effet domino terriblement rapide.

Aux Etats-Unis, c’est la bulle spéculative ferroviaire qui finit de se dégonfler et atteint le secteur bancaire. Les résultats faibles des compagnies de rail ne peuvent plus soutenir les prêts d’investissement. La sonnette d’alarme est tirée lorsque la banque d’affaires Jay Cooke annonce en 1873 qu’elle ne peut plus soutenir l’activité de la Northern Pacific Railway[3], institution majeure de l’économie ferroviaire américaine (voir focus sur la Northern Pacific Railway). Cette dernière fait donc faillite, entraînant de nombreuses autres compagnies dans sa chute ainsi que les banques qui leur servaient de prêteur. Le 20 septembre 1873 Wall Street est contraint de fermer pendant 10 jours pour la première fois depuis sa création[4]. Au total ce sont 89 compagnies de chemins de fer américaines sur 364 qui font faillite[5].

Les conséquences du krach

Etape 5 : le krach comme détonateur de la première Grande Dépression

Le krach ne s’est pas arrêté à 1873 mais a précédé une longue période de dépression économique, qui va s’étendre jusqu’en 1896. L’industrie sidérurgique européenne, ainsi que le secteur agricole, sont touchés par un marasme économique qui va durer deux décennies. Une multitude de sociétés disparaissent en Allemagne, en Autriche et aux Etats-Unis, entraînant un taux de chômage élevé. Aux Etats-Unis, la crise économique est profonde et sans précédent : 5000 faillites dans les derniers mois de 1873, 2 millions de chômeurs à partir de 1877 et un indice des salaires qui fléchit de 20%.[6]

La crise de 1873 est en fait la première manifestation d’une crise économique internationalisée qui s’est manifestée plusieurs fois depuis, dont très récemment.

FB pour © FB BOURSE.COM

Sources:

[1] http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/209839/pas-1929-1873

[2] http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/10/les-krachs-boursiers-une-vieille-histoire_1105364_1101386.html

[3] http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/209839/pas-1929-1873

[4] et [5]  http://www.lefigaro.fr/marches/2011/08/08/04003-20110808ARTFIG00413–quoi-ressemble-un-krach-boursier.php

[6] http://www.lepost.fr/article/2008/10/23/1296433_temps-de-crise-perspective-historique.html

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