Mardi mars 2nd 2021

Citations Joseph Schumpeter

« Supposons que tel homme « primitif » fasse usage de la machine la plus élémentaire de toutes, déjà appréciée par nos cousins les gorilles : un bâton, puis que ce bâton se brise entre ses mains. S’il essaie de remédier à cet accident en récitant une formule magique – il pourrait, par exemple, murmurer : « Offre et Demande » ou «  Planisation et Contrôle », dans l’espoir que, après avoir répété neuf fois ces mots, les deux fragments se rassembleraient – ceci revient à dire que notre homme n’est pas encore sorti du cercle de la pensée pré rationnelle. Mais s’il essaie de découvrir le meilleur procédé pour réunir les deux morceaux pour se procurer un nouveau bâton, il agit rationnellement, au sens où nous entendons ce terme. Cependant il est évident que, à l’occasion de cette circonstance comme de la plupart des autres circonstances économiques, l’échec fonctionnel d’une formule magique sera beaucoup plus frappant que ne saurait être l’échec d’une formule visant à ce que notre homme l’emporte dans un combat, soit heureux en amour ou décharge sa conscience du poids d’un remords.  Ceci tient au déterminisme inexorable et, dans la plupart des cas, au caractère quantitatif qui distinguent le secteur économique des autres secteurs de l’activité humaine, et peut-être aussi à la banalité inexcitante inhérente au retour perpétuel des besoins et des satisfactions économiques. Or, une fois qu’il a été forgé, le comportement rationnel s’étend, sous l’influence pédagogique des expériences favorables, aux autres sphères d’activité et, ici encore, il initie les humains à cette entité remarquable :  le Fait. »

Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942

« Le problème généralement pris en considération est celui d’établir comment le capitalisme gère les structures existantes, alors que le problème qui importe est celui de découvrir comment il crée, puis détruit ces structures. Aussi longtemps qu’il n’a pas pris conscience de ce fait, le chercheur se consacre à une tâche dépourvue de sens, mais, dés qu’il en pris conscience, sa vision des pratiques et de leurs conséquences sociales s’en trouve considérablement modifiée. »

Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942

« Le capitalisme peut-il survivre ? Etant donné que rien dans le monde social ne peut être « pus durable que l’airain » et étant donné que l’ordre capitaliste constitue essentiellement le cadre d’un processus de transformations, non seulement économiques, mais encore sociales, on ne saurait guère différer beaucoup d’avis sur la réponse. »

Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942

« Le capitalisme ascendant, non seulement  a inspiré l’attitude mentale de la science moderne, celle qui consiste à poser certaines questions, puis à entreprendre d’y répondre d’une certaine façon, mais encore il a crée des réalisateurs et des moyens de réalisation. En brisant le cadre féodal et en troublant la paix intellectuelle du manoir et du village […] et aussi, notamment, en ouvrant un espace social à une nouvelle classe qui s’appuyait sur ces performances individuelles réalisées sur le terrain économique, le capitalisme a attiré sur ce terrain les fortes volontés et les esprits vigoureux. »

Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942

« L’incompatibilité d’humeur entre l’esprit public et le capitalisme est désormais si absolue que l’opinion passe condamnation, sans plus autre informé, sur le régime et sur ces œuvres. »

Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942

« Le capitalisme peut-il survivre ? Non, je ne crois pas qu’il le puisse. »

Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942

« Au XVe siècle, les mathématiciens s’intéressaient principalement aux problèmes d’arithmétiques commerciale et d’architecture. Les procédés mécaniques utilitaires, inventés par des hommes du type artisanal, ont été à l’origine de la physique moderne. L’individualisme coriace d’un Galilée se confond avec l’individualisme de la classe capitaliste ascendante. Le médecin a commencé à s’élever au-dessus de la sage-femme et du barbier. L’artiste, qui était en même temps un ingénieur et un entrepreneur – du type immortalisé par des hommes tels que Vinci, Alberti, Cellini […] fournit la meilleure illustration de ma pensée. En les maudissant pêle-mêle, les professeurs scolastiques des universités italiennes ont fait preuve de davantage de sens que nous ne les en créditons. Le risque ne consistait pas tant dans telle ou telle thèse hétérodoxe. On pouvait s’en remettre à n’importe quel théologien qualifié pour manipuler les textes sacrés de manière à les ajuster au système de Copernic. Mais ces professeurs devinaient, avec un instinct très sûr, la mentalité qui se dissimulait derrière ces exploits intellectuels – la mentalité de l’individualisme rationaliste, la mentalité inspirée par le capitalisme ascendant. »

Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942

« L’évolution du style de vie capitaliste pourrait être facilement décrite (et peut-être d’une façon plus frappante) en retraçant la genèse de notre complet veston. »

Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942

« Comme Keynes, il est possible d’admirer Marx tout en considérant néanmoins que sa vison sociale est fausse et que chacune des préoccupations est fallacieuse. »

Joseph Schumpeter, Histoire de l’analyse économique, 1954

« Certes, l’ouvrier moderne peut acquérir certains biens que Louis XIV aurait été enchanté d’obtenir, sans pouvoir le faire – par exemple, des appareils modernes de prothèse dentaire. Dans l’ensemble, néanmoins, les achèvements capitalistes n’auraient guère pu procurer de satisfactions supplémentaires important réellement à une personne disposant d’un budget aussi considérable que celui du Roi Soleil. »

Joseph Schumpeter, Histoire de l’analyse économique, 1954

« La reine Elizabeth possédait des bas de soie. L’achèvement capitaliste n’a pas consisté spécifiquement à procurer aux reines davantage de ces bas, mais à les mettre à la portée des ouvrières d’usine, en échange de quantités de travail constamment décroissantes. »

Joseph Schumpeter, Histoire de l’analyse économique, 1954

Voir aussi: Les Citations de John Keynes

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