Vendredi mars 24th 2017

Le Panurgisme des traders

Petit rappel sur « les moutons de Panurge » à l’origine du mot Panurgisme. Panurge est un personnage crée par François Rabelais, compagnon de Pantagruel, fils de Gargantua. Lors d’un de ses voyages en mer, Panurge se dispute avec un marchand. Pour se venger de celui-ci, il décide d’acheter un de ces moutons. Une fois le mouton acheté, il le pousse à la mer. L’instinct grégaire des autres moutons, les entraîne à suivre leur collègue dans l’océan. Le marchand qui s’était accroché à son dernier mouton tombe dans la mer aussi. L’histoire de Panurge sert un peu à dénoncer la bêtise liée aux mouvements de foule et aux comportements suiveurs.

Cette petite histoire n’est pas anodine. Elle est aujourd’hui d’actualité. En effet, lorsque l’on regarde les marchés financiers dans leur globalité, tous types de marchés confondus (actions, devises, matières premières…) depuis début 2008 et surtout depuis le mois de septembre, on constate aisément les comportements moutonniers des opérateurs. Le marché de l’or, marché refuge par excellence n’en finissant pas d’atteindre des sommets alors que lui-même est dans une situation de quasi bulle. Le marché de l’or noir, avec un baril qui a atteint des sommets historiques cet été, pour aujourd’hui se retrouver à des niveaux de 2006. Le Nickel et le Plomb stars déchues des marchés des matières premières perdent prés de 60% sur un an. Prés de 90% des titres de la Bourse de Paris massacrés, avec des raisons valables pour certains mais complètement illogiques pour la grande majorité. Des indices boursiers qui prennent 10% un jour, puis rechutent de 15% sur la semaine qui suit, est devenu courant ces derniers mois. L’exemple le plus récent est la performance hebdomadaire du CAC40 de la semaine dernière (du 24/11 au 28/11) avec un record historique de +13% et un début de semaine suivante qui se solde avec un CAC40 en clôture en baisse de 5.59% !!!??

Ces comportements erratiques, d’une violence extrême peuvent en l’espace de quelques mois, semaine, ou jours, faire et défaire des valeurs, transformer des marchés, anéantir toutes prévisions…C’est bien ça le panurgisme des opérateurs de marché. Cela, dans le seul espoir d’un gain de court terme, complètement déconnecté de la réalité conjoncturelle, économique, ou sociale.

On pourra toujours rétorquer qu’il vaut mieux avoir tort avec tout le monde que raison tout seul. Ou se dire que « le Marché » est un être indépendant, une sorte de créature vivant à son propre rythme. Certes ! Cependant, avoir un comportement suiveur n’est pas forcément gage du meilleur des investissements ! Porter, attention aux fondamentaux des entreprises, à leurs valeurs comptables, aux produits vendus, aux hommes et aux femmes qui dirigent ces entreprises, sera à n’en pas douter beaucoup plus sain. On pourra parler d’un « retour aux vraies valeurs » comme pourrait le dire certains de nos politiques. Ce retour, aux vraies valeurs, je préfère dire aux fondamentaux de l’entreprise, j’essaye de le mettre en évidence dans mes analyses publiées sur ce blog. Pour moi, l’analyse fondamentale (sans faire abstraction de l’environnement économique) est en cette période de crise une des seules certitudes sur les marchés financiers.

FB

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